En Afrique, les légendes ont la vie dure. Celle des hippopotames du fleuve Niger, qui longeaient le canal de Koriomé jusqu’au marché de Badjindé, au cÅ“ur de la ville de Tombouctou, en est une parfaite illustration. Cette légende médiale est intimement liée au règne de l’Empereur du Songhaï, Soni Ali Ber, qui, déjà au XVème siècle, avait le souci de rendre l’eau disponible pour les multiples besoins des populations de la Cité des 333 Saints.
C’est ainsi qu’il légua à la postérité un canal digne de figurer parmi les Douze travaux d’Hercule. Et ne fut pas peu fier d’avoir ouvert un passage aux hippopotames qui venaient brouter de l’herbe tendre dans les rues de Tombouctou, et du coup, en rajouter aux mystères d’une ville qui restera à jamais une curiosité pour les humains.
Jusqu’au milieu des années soixante dix, disent les nostalgiques, l’eau du canal apportait encore un filet de bonheur aux habitants de cette cité désertique qui se battent avec opiniâtreté contre l’ensablement. Pour son bonheur, la ville de Tombouctou eut la chance de compter parmi ses habitants un certain Amadou Toumani Touré, aujourd’hui Président de la République du Mali. Et qui n’a pas oublié les moments heureux qu’il a vécus là , quand il était tout jeune.
C’est en souvenir de cet épisode de son enfance d’une part, et en vue d’accélérer le développement socio-économique des Régions du Nord d’autre part, que le Chef de l’Etat a convaincu le Guide de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste à appuyer les efforts de son Gouvernement afin de surcreuser l’antique canal de Koriomé. Le coup d’accélérateur a été donné au mois d’avril dernier lors de la grande prière du Maouloud, à Tombouctou, au cours de laquelle le Frère Guide s’est engagé à appuyer la concrétisation de cette requête pour une enveloppe de plus de 8 milliards de FCFA.
Les travaux consistent à désensabler et à surcreuser ce bras mort du fleuve sur 19 km, de Daye à Tombouctou, en passant par Kabara. Une partie des travaux est déjà exécutée par les techniciens libyens dont les gros engins tournent sans répit pour respecter le délai contractuel de 18 mois. Hier, le Président ATT et le Ministre libyen de la Coopération ont donné le premier coup de pelle de la seconde phase des travaux. Et ont aussi inauguré une école avec un système d’adduction d’eau fonctionnant à l’énergie solaire.
Au vue de la mobilisation des populations malgré le soleil de plomb, on comprend aisément la portée historique des aménagements. Qui permettront de reprendre une importante activité de navigation jusque dans la ville de Tombouctou d’une part, et qui ressusciteront le maraîchage tout le long du canal d’autre part.
Pour les populations comme pour les autorités de la Région de Tombouctou, la présence pérenne de l’eau est perçue comme le signe annonciateur d’une renaissance de la ville. Au regard de cet enjeu, le Chef de l’Etat a instruit au Ministre de l’Equipement et des Transports ainsi qu’à l’ensemble des autorités régionales d’apporter aide et assistance aux techniciens libyens. Ceux-ci sont déjà soumis à une forte pression du frère Guide qui ne manque pas d’appeler ou de dépêcher sur place un émissaire pour suivre l’état d’avancement des travaux.
En marge du lancement des travaux de la seconde phase du projet, les autorités libyennes ont remis à la partie malienne un lot important d’équipements composé de tracteurs et accessoires, de motopompes, de machines-outils, de matériels de maraîchage, de tissus et de diverses autres fournitures. Cette importante dotation sera repartie entre les trois régions du Nord, le Cercle de Douentza, l’APEJ et la FENAFER.
Au total, cette opération se chiffre à près de 15 milliards de FCFA, enveloppe qui est susceptible d’être rallongée pour couvrir totalement l’ensemble des frais. Parole du Frère Guide !
En s’adressant au Ministre-Cnseiller du Frère Guide, ATT a déclaré, entre autres, que « … le Mali sera éternellement reconnaissant à la Libye, à son peuple et au frère Guide ». Le Président de la République, dont c’est le 8ème séjour à Tombouctou depuis son élection en 2002, a rassuré les populations du Nord de sa détermination à se battre à leurs côtés pour réduire la pauvreté. Le développement, leur a-t-il dit, est une question de solidarité nationale. « La réalité de notre pays se joue sur le terrain… » a ajouté le Président de la République. Pour conclure, ATT a dit ceci : « Faire de la politique, ce n’est rien d’autre que de résoudre des problèmes. Et on n’a pas besoin d’aller à Sciences Po. pour le savoir ».

- Le Chef de l’Etat à son arrivée à Tombouctou
- Photo Présidence de la République

- ATT lance la deuxième phase des travaux
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- ATT en compagnie du ministre libyen de la coopération
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- Long de 19 km pour une profondeur de 4m et une largeur de 8 Ã 12m
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- ATT fait couler l’eau potable dans la cour d’une nouvelle école
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- Un dispositif pour abreuvement du cheptel
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- Des tracteurs offerts au Mali par la Libye
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- Lot de brouettes en pièces détachées
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- Lot de pelles pour divers usages
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- Lot de petits matériels
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- Retour du Chef de l’Etat à Bamako
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- Photo pour la postérité sur le tarmac de l’aéroport
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Diarra Diakité
Chargé de Mission CCom Présidence de la République du Mali